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Prix Régine Deforges : David Fortems récompensé pour son premier roman

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Entre deux tours de pédales, L’Homme En Bleu aime plonger son nez dans un bon bouquin. Alors quand il a entendu parler d’un prix littéraire limougeaud, le prix Régine Deforges, il a vite enfourché sa bécane pour en savoir plus !


Le prix Régine Deforges, késaco ?!

Régine Deforges, l’auteure de la célèbre Bicyclette bleue (ça ne s’invente pas !) était une femme libre et engagée, qui s’autorisait à écrire “ce que les femmes n’écrivaient pas”, luttant contre la censure et se battant pour ses idées.

En 2015, les enfants de l’auteure, Camille Deforges-Pauvert, Léa Wiazemsky et Franck Spengler, associés à la Ville de Limoges, créent un prix littéraire à son nom, récompensant chaque année un premier roman francophone.

Les ouvrages concourant sont d’abord soumis à un comité de lecture constitué de 12 limougeauds, professionnels du livre ou lecteurs professionnels. Parmi la centaine de livres envoyés par les éditeurs ce comité en pré-sélectionne seulement 8.
Les romans finalistes sont ensuite soumis au jury constitué de Camille Deforges-Pauvert, Léa Wiazemsky, Franck Spengler, ainsi que de Marina Carrère d’Encausse, Julien Cendres, Noëlle Châtelet, David Foenkinos, Serge Joncour, Gilles Marchand, Daniel Picouly et Éric Portais. L’écriture, l’originalité et l’audace viennent départager les textes pour rester dans l’esprit de Régine Deforges.

Pour cette sixième édition, après lectures et débats en visio, le jury a décerné le prix 2021 à David Fortemps pour son roman Louis veut partir :

Louis veut partir, roman gagnant du Prix Régine Deforges 2021

La neige recouvre tout mais pas les images. Pascal voudrait s’ouvrir la tête pour les prendre à mains nues et les jeter dans la Semoy, qu’elles s’enfoncent dans la vase, dans les algues vertes et gelées de la rivière. Il se dit que c’est peut-être ça que Louis a cherché à faire. Il a cherché à tout éteindre. À faire un noir. À fuir.


Pour Gilles Marchand , membre du jury, le roman de Davis Fortemps est “très Régine Deforges”. L’auteure à la personnalité marquante aurait aimé Louis veut partir, elle y aurait trouvé une filiation littéraire.

Louis veut partir nous raconte une rencontre entre un père et son fils. C’est une histoire sans jugement, sans place pour la colère ou la haine.

Gilles Marchand, membre du jury

Rencontre avec David Fortems

Comme c’est un petit chanceux, L’Homme En Bleu a eu la chance de pouvoir échanger avec David Fortems juste après l’attribution du Prix Régine Deforges.

David Fortems gagnant du Prix Régine Deforges 2021

© Astrid di Crollalanza

LHEB : Tout d’abord félicitations ! Pouvez-vous nous dire quelle émotion on ressent quand on gagne un prix ? Et plus particulièrement le prix Régine Deforges ?

David Fortems : Beaucoup d’honneur ! C’est un très beau prix, avec un très beau jury. J’ai ressenti une grande fierté, pour moi et ma famille et une grande joie que j’ai pu partager avec ma maison d’édition Robert Laffont. Ce prix est très émouvant, parce qu’il encourage la jeunesse. Je pense que Régine Deforges aurait été très touchée par ce roman.

LHEB : Vous êtes très jeune, 24 ans, comment décide-t-on de devenir écrivain ?

David Fortems : Il y a mille facteurs ! Il y a bien entendu un gros travail d’élaboration mais il faut aussi s’autoriser à le faire. J’ai la chance d’avoir un cadre et un environnement dans lesquels je me sens en sécurité, où je suis soutenu.
J’ai décidé d’écrire après un an d’Erasmus à Madrid. En rentrant en France je ne me voyais pas reprendre ma vie d’avant. Reconstruire une vie à l’étranger m’a permis de comprendre que l’on peut toujours tout recommencer.
Ce qui est beau dans un premier roman, c’est que c’est un geste sans conséquence, c’est fortuit. On n’est pas attendu, on crée la surprise ! C’est une totale découverte pour les lecteurs comme pour l’auteur.

LHEB : Votre roman parle de l’amour d’un père et d’un fils et d’une relation “manquée”. Est-ce qu’être parent, ce n’est pas justement aimer ses enfants de façon inconditionnelle tout en acceptant de ne pas tout connaître d’eux ?

David Fortems : La relation entre Pascal et son fils Louis c’est celle que beaucoup de parents ont avec leurs enfants, avec des tabous et des non-dits. Le rôle d’un parent c’est d’être le terreau sur lequel l’enfant peut pousser comme une fleur. Mais les enfants ont aussi une construction qui leur est propre, il faut leur laisser un espace de liberté.

Pascal est un père intelligent. Il fait des erreurs, comme tous les parents, mais il fait tout pour être suffisamment bon pour son fils. Il lui offre un cadre stable, sans colère ni amertume.

Louis grandissait par à-coups. C’était sans crise. Un jour, Louis entrait simplement dans le salon en disant Papa, samedi soir, je sors. Il ne demandait même plus l’autorisation. Il affirmait.

Louis veut partir / David Fortems


Louis est dans le passage à la vie adulte, une vie qu’il craint parce qu’il a conscience que la sienne est ailleurs . Il a des rêves et des ambitions qu’il ne peut pas réaliser là où il a grandi. Il veut partir, mais il n’y arrive pas et ses excès de liberté le font courir à sa perte.

LHEB : Toute l’action du roman se situe dans les Ardennes, c’est presque un personnage à part entière ! Est-ce une région que vous connaissez bien ?

David Fortems : C’est la région dont est originaire ma famille. On a souvent un rapport d’amour et de haine avec ces endroits où il ne se passe rien. Il faut apprendre à apprécier l’ennui et la contemplation. C’est une région mal connue et je pense que c’est agréable pour le lecteur de découvrir des paysages qu’ils ne lui sont pas familiers.

LHEB : Est-ce que vous connaissiez Limoges ?

David Fortems : Oui ! Je suis d’autant plus content de recevoir un prix de la part des limougeauds. Ma plus vieille amie a sa famille en Limousin. Enfant elle me racontait souvent ses vacances à Limoges et à Bussière. Je me suis construit avec un imaginaire de la région Depuis que j’ai 18 ans je suis venu 4 ou 5 fois !

LHEB : Dernière question de curieux, un deuxième roman est-il déjà en cours ?

David Fortems : En effet j’ai un deuxième roman dans la tête ! J’élabore les idées, les personnages et je récolte le lieux depuis un ou deux ans. Maintenant j’attends juste d’avoir le temps pour entrer en rédaction.


Encore toutes nos félicitations à David Fortems et bon courage pour l’écriture de son deuxième roman qu’on attend avec impatience. Pour les férus de lecture qui auraient déjà dévoré Louis veut partir et le top de la rédaction, voici les conseils de David Fortems : Over the rainbow / Constance Joly ; Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui / Arthur Dreyfus ; Un bref instant de splendeur / Ocean Vuong.

Marine C.
Un livre à la main et des gommettes dans l'autre, Marine aime découvrir de nouvelles expos et la crème brûlée.

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