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Conversation(s) avec : Phaon

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En attendant patiemment que les salles de concerts rouvrent et que les festivals reprennent, L’Homme en Bleu, curieux de nature, vogue sur l’internet à la recherche de nouveaux talents made in Limousin. C’est comme ça qu’il fit la découverte du groupe Phaon.

Derrière ce nom majestueux et mystique, se cache un quator composé de Matthieu, Clément, Alexis et Thomas. Une musique pleine de poésie et de sincérité qui a mené L’Homme en Bleu à rencontrer l’un des membres du groupe, Matthieu.


LHEB : Comment a commencé l’aventure Phaon ?

Matthieu : Le projet est né il y a deux ans. Je suis revenu dans la région car j’étais en Belgique avant. Et en cherchant sur internet, sur des sites de rencontre de musiciens, et en essayant de voir ce qu’il se passait dans la région, j’ai rencontré Alexis (qui est le guitariste du groupe) avec qui j’ai commencé à travailler. Après se sont rajoutés Clément, qui est à la basse et aux synthés, ainsi que Thomas qui est à la batterie. Chacun connaissait l’un des membres de près ou de loin. Sinon, moi je suis de Corrèze et Alexis, Clément et Thomas sont de Haute-Vienne.

-Pourquoi avoir choisi comme nom de scène Phaon ?

À la base c’était plutôt dans la sonorité que l’on recherchait le nom du groupe. Une espèce d’ambivalence de nom, un mot qui pouvait être plus une texture qu’un mot en lui même.

Phaon, c’est un personnage de la mythologie grecque qui était batelier. Il y a tout un mythe autour de lui et sur ce qu’il lui est arrivé. Mais du coup il y avait déjà ce côté ambivalent et sonore entre faon, le petit de la biche, et aussi le coté mystique qui peut se rattacher à notre musique. Cela collait bien à l’univers musical que l’on voulait et qu’on avait déjà mis en place à ce moment-là.

-Quel est votre style musical ?

Clément et moi, nous sommes passionnés de synthés et Alexis est beaucoup dans la recherche sonore. Au niveau du choix de la musique pop, il y avait cette envie de pouvoir faire ressortir des images et d’avoir les sensations d’un lieu ou d’un évènement tiré par la musique. Je pense que la pop peut permettre de faire ressortir ce genre de chose. En même temps, dans les sujets que nous voulions traiter, il y a quand même quelque chose qui se rapporte à l’humain.

Avec l’utilisation de l’anglais, on aurait pu se débrouiller même si ce n’est pas notre langue maternelle. Mais c’est difficile de pouvoir avoir les bons mots et les bonnes expressions pour faire ressentir exactement ce que tu veux. Pour le coup, le travail de la langue française était intéressant par rapport à cette sonorité, pour en revenir au nom du groupe.

“L’albatros, c’est cette espèce de grand oiseau qui a été finalement comme un totem pour nous […] Il a été comme une muse qui a permis l’éveil du groupe et la mise en place de sa sonorité, d’où le titre de l’EP.”

Matthieu, du groupe Phaon

-Vous avez sorti en octobre 2020 votre EP « L’Albatros » . Comment s’est passé sa conception ? Comment avez-vous travaillé ensemble?

On avait une base de morceaux qui était déjà faite, et on voulait commencer à assembler ça sur un support physique. On voulait pouvoir le présenter et acter les morceaux que l’on avait pour avancer dans notre composition. Les morceaux ont été choisis selon leur univers sonore, qui est plutôt sombre et qui est aussi la base du groupe.

L’albatros, c’est cette espèce de grand oiseau qui a été finalement comme un totem pour nous, qui nous a suivis et nous a permis de mettre en place ces 5 morceaux pour pouvoir passer à la suite. Il a été comme une muse, qui a permis l’éveil du groupe, la mise en place de sa sonorité et l’assemblage de ces morceaux-là ensemble, d’où le titre de l’EP.

C’est un second EP mais considéré comme étant notre premier. Il a été réfléchi de sa base à sa conception en passant par son artwork, fait par des amis de la région. Il a été conçu pour être comme ça.

-Le visuel est important pour vous, on le voit avec l’artwork de votre EP. Peux-tu nous parler de votre collaboration avec des artistes de la région ?

Tout d’abord, il y a Poisson, un illustrateur de la région qui fait de très jolies choses. Il était accompagné de Louis Desains et de Benjamin Reinert, qui sont eux aussi des illustrateurs, Benjamin étant plus spécialisé dans la 3D. On leur a filé les 5 morceaux et ils nous ont fait un artwork. C’est une illustration en 3D qui met en lumière un effet de peau un peu humide.

Artwork de l’EP “L’Albatros”

-Les clips de « L’Océane » (sorti en janvier dernier) et d’« Animal » ont été tournés dans le Château de Ligoure. Peux-tu nous raconter comment s’est passé ce moment ?

On a passé en tout deux jours au château. La première journée, on a tourné « Animal » et la deuxième journée au matin, on a tourné « L’Océane » . Ce sont deux plans séquences assez rapides. Les deux clips ont été enregistrés en même temps.

Pour le premier, ce qui était le plus important pour nous, c’était de bien avoir le positionnement et tout le décor autour. Sur « L’Océane », on est plus sur les néons. C’est la pièce qui fait le truc, sans oublier la nature. On a fait ça au lever de soleil, avec les reflets. Thomas avait repéré cette magnifique véranda, il voulait absolument que l’on fasse un clip là-bas et « L’Océane » marchait bien avec la réverb qu’il y avait.

Le Château de Ligoure est géré en association, donc il y a beaucoup de formations qui se font à l’intérieur, mais aussi des résidences d’artistes en musique classique. Il y a des films qui s’y tournent aussi et c’est un lieu ouvert. Puis c’était dans notre budget.

On a collaboré avec Grand Ciel car on avait déjà travaillé avec lui sur un live. Il bosse hyper bien donc c’était logique pour nous. D’habitude on fait plutôt nos propres clips, on est dans l’autoproduction. Mais à ce moment-là, on avait envie de lâcher du lest et de le faire avec lui.

Clip de “L’Océane” by Grand Ciel

-Malgré la fermeture des lieux culturels et les circonstances actuelles, comment gérez-vous cette crise ?

On est en autoproduction, donc nous étions maîtres de cet EP. Il a été sorti entre les deux confinements. Il a fallu travailler beaucoup plus sur les médias et sur la manière de présenter. Un EP a une durée de vie assez courte, il fallait que l’on puisse en parler mais aussi que les gens puissent l’écouter.

Finalement, pendant le premier confinement, on a continué à composer parce que l’EP était terminé. On a sorti en dehors de l’EP, en mai 2020, un titre qui s’appelle « L’Épopée », et qui parle plus clairement du manque de nature et de tout ce qui a pu être ressenti en étant enfermé chez soi.

Ensuite, on a sorti « L’Albatros », et un clip entre les deux confinements. On sentait bien qu’on allait y repasser donc il fallait faire les choses rapidement. On a sorti le clip d’ « Esbroufe » une semaine après la sortie de « L’Albatros », puis différents clips pour continuer à parler de l’EP. On a eu deux concerts entre les deux confinements, l’un au Festival Champ Libre à Saint-Junien et un autre pour la sortie de l’EP aux Francophonies – Des écritures à la scène.

-Avez-vous des projets ? Un nouvel album ? Une date de concert à nous communiquer ?

On a une date de concert à la Boule Noir avec Melba le 15 avril 2021, même si je pense que l’on va peut être devoir la repousser. Mais pour le moment, on espère que ça reste comme ça. Là, on travaille sur un nouveau clip pour le dernier morceau de l’EP, « Malavita ». Nous sommes partis en pré-production en mars, où on a travaillé sur de nouveaux morceaux et commencer à réfléchir à un futur album. Puis on cherche de nouveaux partenaires, pour être moins en autoproduction au niveau discographique.

On voudrait se rapprocher d’un label dans l’année à venir si possible, histoire de se projeter à plusieurs. On ne vient pas du milieu des musiques actuelles à la base, on apprend sur le tas depuis deux ans. Clément était plutôt dans les musiques traditionnelles, avec un groupe de musique irlandais et il était prof de musique à côté. Alexis n’avait pas de groupe et moi non plus. Et Thomas avait un groupe de musique tzigane.

Notre groupe est vraiment une construction. On n’avait jamais sorti de CD, on n’avait jamais été en studio, on n’avait jamais contacté ou été contacté par des médias ni envoyé de newletters ou de mails à des programmateurs. Il a fallu apprendre tout ça et se professionnaliser pour faire en sorte que ça soit possible.

” Ce retour nous donne envie de développer quelque chose ici autant culturellement que musicalement.”

Quel est votre rapport au territoire Limousin et à la ville de Limoges en particulier ?

On y a passé notre enfance même si on est parti ailleurs pour nos études. Il y a toujours un retour aux racines pour nous quatre. Il y a vraiment ce rapport à la nature et aux grands espaces, et puis on a beaucoup de copains ici. Ce retour nous donne envie de développer quelque chose ici autant culturellement que musicalement.

– Originaires de Corrèze et de Haute-Vienne, pouvez-vous nous partager vos adresses favorites, pour bruncher, danser, chanter ou vivre tout simplement ?

Alors, dans la Creuse (23), il y a Le Bar de la poste et La Quincaillerie Numérique à Guéret. À Limoges, il y a La Locale, George T (pizzeria), le Duc Etienne, la salle “John Lennon” et l’espace El Doggo. Et pour finir en Corrèze (19), il y a la salle “Des Lendemains qui chantent” et le café Le Richelieu à Tulle

– Que retrouvons-nous dans le baladeur de Phaon ?

On peut écouter du Soja Triani (pop), on peut retrouver du Yolande Bashing (électro) dans le même style que le groupe Iñigo Montoya, avec une voix grave et posée. Pour rester dans le local, il y a Beach Bugs , Teleman, et pour finir Myciaa.

Soja Triani – Le Futur

Retrouvez Phaon sur les différentes plateformes ci-dessous.


Source photo de couverture : Ricard Live

Anais
Passionnée de radio et accro à la crème de marron. Toujours un orgasme musical sous le coude à partager avec ses amis. Sans oublier son principal atout : sa voix.

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