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Conversation(s) avec : Michaël Bettinelli, graphiste et bédéiste

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Issu d’une formation en arts appliqués spécialisée dans la communication visuelle, Michaël Bettinelli évolue aujourd’hui à son compte en tant que graphiste et dessinateur de BD. L’Homme en Bleu a pu échanger quelques mots avec lui entre deux coups de crayons, et t’emmène à sa rencontre.


LHEB : Qu’est-ce qui t’a poussé à te tourner vers la BD ?

M. B. : C’est quelque chose que je fais depuis que je suis gamin, depuis le CE1, mais je ne pensais pas en faire mon métier. Même quand j’ai signé le premier contrat, je me suis dit « Je vais faire un album et puis on verra. », et finalement, j’ai trouvé des opportunités dans la BD, je peux faire de la BD de communication, je peux faire des ateliers scolaires… A partir de la BD, on peut faire plein de choses. Beaucoup plus qu’avec la com’ pure et simple, c’est pour ça que la com’, j’ai un peu lâché.

LHEB : Le Grimoire Pourpre, est le nom de ton premier ouvrage, peux-tu nous raconter comment ça s’est passé pour toi avec les Ardents Editeurs ?

M. B. : En fait j’ai fait le système inverse, d’habitude on fait un dossier BD, on l’envoie à plein d’éditeurs et on espère des réponses, moi j’ai rencontré l’éditeur qui voulait un projet, soit livre illustré soit une BD, mais orienté jeunesse, et donc je lui ai fait un projet sur mesure, selon sa ligne éditoriale qui était quand même d’utiliser le Limousin d’une façon ou d’une autre. J’ai utilisé les contes et légendes parce que c’est ce qui m’intéressait.

Concernant Le Grimoire Pourpre, il y a cinq tomes, la série est complète, et maintenant je travaille sur une autre série qui est dans le même univers pour les plus jeunes, Les enquêtes du Pichou Gens. L’objectif étant de faire un univers étendu. On pourra lire les séries indépendamment les unes des autres à chaque fois mais tout sera en lien, pour développer tout ce côté légendes locales, sans tomber dans la retranscription BD des contes et légendes, parce que ça ne m’intéresse pas. Moi ce que je veux, c’est les faire évoluer et créer des histoires en m’en servant comme bases.

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LHEB : Qu’est-ce qui te plaît dans ces légendes locales ?

M. B. : J’ai toujours été passionné par la mythologie et finalement c’est un peu la même chose. A plus petite échelle, il y a des histoires de héros, de monstres, de quêtes… Travailler dessus ça m’intéresse parce qu’il n’y a pas grand monde qui y a touché, par comparaison à la mythologie romaine, grecque, hindoue… Les légendes régionales à part celles de la Bretagne, c’est pas trop exploité, donc ça me laisse le champ libre pour faire un petit peu ce que je veux.

LHEB : Est-ce qu’il y en a une dans le Limousin qui te plaît plus particulièrement ?

M. B. : Il y en a une sur laquelle je n’ai pas travaillé du tout, c’est la légende de la Mandragore, un serpent géant qui s’apparente un peu à un dragon. Les légendes locales, on pense toujours petites malédictions, petits histoires de sorcières et boum, on a un truc avec un serpent géant. Ça met une grosse claque.

LHEB : Je suppose que du coup pour tes histoires tu t’inspires des décors du Limousin…

M. B. : Quand on travaille sur des contes, c’est toujours rattaché à des lieux. J’ai toujours lu des mangas et des comics, et ce que j’aimais bien dans les Marvel surtout, c’est que ça se passait dans des lieux qui existent à chaque fois.

Le fait que l’on se dise que les lieux sont réels, ça apporte vraiment quelque chose et j’avais envie de retrouver ça dans mes albums. Les légendes ça part toujours de choses plus ou moins avérées, c’est très romancé mais y a toujours un petit détail qui est vrai. J’aime bien ce mélange réalité/imaginaire.

LHEB : Si tu devais nous parler des personnages sur lesquels tu travailles actuellement, qu’est-ce que tu pourrais nous en dire ?

M. B. : Je reste toujours avec les quatre mêmes personnages sur toute la série. Quatre enfants, une petite sorcière, une fée, un petit loup-garou et un petit chevalier. Deux garçons, deux filles, avec quatre caractères différents. J’en mets un en avant un peu plus que les autres à chaque album.

Ils doivent mener des quêtes mais toujours dans un système d’entraide, ils ont chacun des capacités pour les mener à bien, et comme c’est des livres dont vous êtes le héros, le lecteur intervient. J’ai voulu les présenter comme des copains pour le lecteur, qui doit les aider à mener leur mission.

LHEB : Quelques spoilers sur tes projets en cours ?

M. B. : Là je développe la série du Pichou Gens et d’autres séries en parallèle, encore en phase de développement avec l’éditeur, toujours les Ardents. On a encore pas mal de choses à exploiter, on a plein d’idées, j’aime bien leur façon de travailler.

LHEB : En dehors de l’édition, tu fais aussi des ateliers, aussi bien dans les milieux scolaires qu’associatifs, en quoi ça consiste ?

M. B. : Dans certains ateliers courts, je présente le travail d’un auteur et les différentes étapes de création d’une BD, et je fais pratiquer les personnes qui sont dans l’atelier, par exemple créer un personnage ou créer une petite bande de trois cases.

Je monte aussi des projets avec les écoles. J’ai crée un projet qui s’appelle « Editions fictives », donc une fausse maison d’édition. J’interviens quatre fois dans l’école en moyenne, et les élèves sont en situation de devenir des auteurs. Je leur explique comment on fait, je les aide à monter un scénario, le découpage des planches, à dessiner, et à la fin on se débrouille pour leur faire imprimer le livre et les faire dédicacer sur des petits salons ou à la fête de l’école. C’est un projet pédagogique que j’ai mis en place il y a trois/quatre ans qui marche de plus en plus. Cette année je travaille par exemple avec quatre écoles. Plus d’autres écoles avec lesquelles je travaille sur des projets à long terme.

J’interviens aussi dans des prisons pour mineurs et auprès de publics non francophones parce que je me suis rendu compte que la BD leur permettait d’exprimer des choses qu’ils n’arrivaient pas forcément à dire par le biais du langage.

LHEB : Avec tout ça tu fais beaucoup moins de communication pour les entreprises…

M. B. : Oui j’en fais quasiment plus, ou quand on me le demande, mais je fais de la communication par la BD. Je peux créer des mascottes, des consignes de sécurité… J’ai travaillé pour le CHU, pour l’Hôpital Mère-Enfant où j’ai décoré tout un service. Je me sers de la BD comme base et j’essaie de trouver tout ce qu’il est possible de faire avec.

LHEB : Un dernier mot sur ton actualité à venir, tes prochaines séances de dédicaces ?

M. B. : L’exposition qui a eu lieu l’été dernier à l’espace Monnet-Rollinat de Fresselines (23) regroupant l’univers du Grimoire Pourpre et du Pichou Gens, sur mon travail sur les paysages du Limousin en manga sera installée à la Souterraine (23) à partir du mois de mars. L’inauguration est prévue pour le 4 avril 2020.


Vous pouvez retrouver les actus de Michaël sur son site internet ou bien via sa page Facebook

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