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LHEB Rencontre : Hassane Kassi Kouyaté, nouveau directeur des Francophonies en Limousin

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L’Homme en Bleu vous propose de découvrir l’une des nouvelles figure de proue culturelle de Limoges. Originaire du Burkina-Faso, Hassane Kassi Kouyaté endossera la responsabilité de directeur du festival “Les Francophonies en Limousin” à partir de janvier 2019. 

Rencontre avec un homme au parcours protéiforme aux grands projets pour un festival récemment labellisé “Pôle de référence” par le Ministère de la Culture.


LHEB : Bonjour, d’après de nombreuses biographies trouvées sur les internets, il est indiqué que votre famille officie en tant que “griots”, [NDLR : équivalent de “bardes” en Europe] et sont dépositaires de la tradition orale, de la transmission de l’histoire auprès de la population.

En tant que futur directeur des Francophonies en Limousin, quel message souhaitez-vous transmettre au public ?

H.K Kouyaté : Je tiens tout d’abord à vous remercier de me donner la parole via votre webzine.
Je veux aussi rendre hommage aux directeurs qui m’ont précédé, et qui ont fait ce gros travail de fondation et de consolidation du festival.
Un travail précédent qui a été très important durant toutes ces années et sur lequel je peux aujourd’hui m’appuyer.
Je souhaite mettre l’accent sur divers projets comme la mise en place de spectacles à destination des jeunes publics ou encore l’accompagnement de créations autour du théâtre de rue.

Malgré tout ces projets, je n’oublie pas que mes missions principales sont de conserver l’esprit d’excellence du festival, l’accompagnement des artistes et de rester en veille pour la détection d’artistes et de pièces compatibles avec notre programmation.

LHEB : C’est la première fois que la direction du festival sera menée par un acteur de la Francophonie originaire d’Afrique.
Est-ce une fierté symbolique ou pensez-vous que cette nomination permettra de remettre en perspective la perception de la Francophonie auprès du public ?

H.K Kouyaté : Si vous me posez cette question, cela veut dire qu’il y a un problème n’est-ce pas ? *rires*
Plus sérieusement, avant de souligner mes origines, je dirai que c’est l’importance des missions qui me seront confiées qui m’apportent beaucoup de fierté.

Je tiens à préciser que j’ai été nominé avant tout après l’étude de ma proposition pour les Francophonies en Limousin. Je ne peux cependant pas nier que mes origines et ma culture africaine contribuent à marquer les esprits, à instiller quelque part, une fierté symbolique.

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Crédits : Sceneweb

LHEB : Vous allez incarner un poste d’administrateur, de superviseur. N’avez-vous pas peur que cela vous éloigne des planches et de la dimension artistique de votre quotidien ?

H.K.K : Ce ne sera pas le cas. Lors des discussions avec les administrateurs, la condition sine qua non était que malgré mon poste de directeur, je puisse mobiliser un temps confortable pour continuer à faire de la création et de donner des cours.
Des conditions qui ont été acceptées fort heureusement.

Je compte également ouvrir des cours de théâtre pour les amateurs dans la région. L’objectif de ces cours sera aussi de proposer la construction de créations théâtrales avec ces futurs élèves. Vous en saurez plus courant 2019-2020 !

LHEB : Vous avez déclaré sur le site Burkina24 qu’il était impossible aujourd’hui de faire “de l’art pour l’art”. Cela veut-il dire que le théâtre ne peut plus se passer des financeurs pour exister ?

H.K.K : Il faut avant tout un bon fond ! Au théâtre cela veut dire que les compagnies doivent se doter d’un bon texte, d’un bon metteur en scène et de bons interprètes.
C’est un postulat basique mais très important.

Ensuite, je pense qu’il est nécessaire d’avoir de bonnes conditions de travail. Cela n’a pas forcément de lien avec l’argent. C’est par exemple, l’accueil des créateurs, leur assurer toute notre disponibilité, garantir une ambiance propice pour leurs pièces.

Les moyens financiers et matériels arrivent d’après moi, en troisième position.
Malgré tout, on ne peut fait fît de l’économie globale du marché. Il ne faut pas perdre de vue qu’il faut faire en quelques sorte une “étude de marché” afin de s’assurer des cibles que l’on vise, des actions culturelles que l’on peut faire autour…

C’est avant tout une fédération de pensées et d’études qui permettent de connaître ce qui va être une grande oeuvre ou pas.

LHEB : En parlant de “cibles”, on constate à Limoges qu’il y a de moins en moins de jeunes qui se déplacent en salles, privilégiant le streaming ou les rediffusions… Avez-vous un plan pour les réconcilier avec le “live” ?

H.K.K : C’est une difficulté énorme aujourd’hui, et cela partout en France !
Maintenant, concernant le théâtre, on commence à découvrir de bonnes écritures qui peuvent toucher ce que l’on appelle “les jeunes”.

Pour ma part, je souhaite encourager les jeunes à venir grâce au développement du théâtre de rue dans notre programmation. C’est une discipline théâtrale particulière, exigeante et accessible mais qui a une force : Le théâtre de rue ne se passe pas dans un “sanctuaire”, il est nomade et il est palpable.

C’est une manière peut-être de donner envie à nos jeunes par la suite, de pousser les portes des théâtres, qu’ils puissent avoir conscience qu’ils ont accès à ces lieux comme nous tous !

Hassane Kassi Kouyaté intervenant en tant que directeur de la scène nationale de Martinique (2016)

LHEB : Passons à des questions sur notre belle cité ! Qu’est ce qui vous a frappé à Limoges lors de votre première arrivée ?

H.K.K : Alors il faut savoir que j’ai découvert Limoges depuis 1986 !
Sur les 35 festivals des Francophonies, je suis venu à 28 éditions.
Je suis venu ici entre autre en tant que conteur et metteur en scène.
Mais je connais également Vassivière, St-Junien, Nexon… Donc j’ai une certaine expérience du territoire aujourd’hui.

Cependant, ce qui me marque à chaque fois, c’est le fait que Limoges est une sorte de Mecque de la création. On retrouve énormément de propositions artistiques et culturelles ici, c’est véritablement une chance !

Saviez-vous que vous avez la plus grande BFM de France ?
Vous avez beaucoup de chance et je suis de pouvoir enfin m’installer ici sur la durée.

LHEB : Est-ce que vous avez eu l’occasion de vous intéresser à notre club emblématique le CSP ?

H.K.K : Et bien j’ai vécu l’année mythique de 1993 à Limoges ! Je suis un ancien sportif de haut-niveau au Burkina Faso où je pratiquais le handball, je suis donc très sensible au sport.

Et puisque vous me parlez de sport, sachez que je souhaite articuler le sport avec le théâtre un jour pour des créations, et ce serait intéressant de voir si les clubs sportifs de la région sont réceptifs à ce projet !

LHEB : Dernière question chauvine, que pensez-vous de notre gastronomie ?

H.K.K : Je suis un vrai carnivore, donc je peux vous attester que la viande Limousine est vraiment très très bonne. Et ce n’est pas juste pour faire plaisir que je dis cela.
J’ai eu l’occasion de voyager au Brésil ou encore en Argentine qui sont des pays réputés pour leurs viandes…la viande Limousine est incomparable !

LHEB : Pour terminer, que peut-on vous souhaiter ?

H.K.K : D’abord je crois qu’un “bonne chance” serait pas de refus !
Ensuite, je souhaite que l’on puisse tous se donner la main pour concrétiser ce nouveau souffle pour les Francophonies en Limousin.
J’ai conscience que j’ai encore beaucoup à découvrir du Limousin, mais je compte sincèrement contribuer à un “océan de la culture” en Limousin et accomplir au mieux les missions qui m’ont été confié.

LHEB : Merci Hassane Kassi Kouyaté


Retrouvez toutes les info’ sur les Francophonies en Limousin sur leur Facebook ou leur site web.
Et sinon, ils sont aussi sur Instagram.

Selim
Co-fondateur et coordinateur de LHEB.fr, il aime explorer la cité porcelainière et ses initiatives locales ainsi que dévorer des cheese-naans

Geeky’s, Pop Culture, figurines & co !

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