Conversation(s)

Conversation(s) avec Antoine De Maximy

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    Vendredi 14 juin dernier, Limoges City a eu le privilège d’accueillir le baroudeur le plus connu du “paf” francophone Antoine de Maximy.

    Arrivé en terres limousines dans le cadre d’un tour de France promotionnel, son itinérance n’a qu’un seul but : convaincre le public de le suivre dans son pari (osé mais qui nous hype) de se lancer dans la fiction au cinéma avec un pitch pas si éloigné de ses pérégrinations habituelles diffusées depuis près de 15 ans sur France 5.

    Conversation avec l’homme à la chemise rouge clinquante en toutes circonstances.
    ..


    LHEB : Bonjour Antoine, tu as quitté les bancs de l’école au début du lycée contre ta volonté. Malgré tout, tu as tout de suite rebondi en entrant comme ingénieur du son pour la chaîne CBS. Comment c’est possible ?

    Antoine de Maximy : Il n’y a pas de secret, il faut beaucoup d’énergie et un vrai appétit de vouloir faire les choses. Je me suis fait virer du lycée en seconde et la transition vers les métiers de l’audiovisuel ne s’est pas faite immédiatement.
    J’ai eu beaucoup de mal à démarrer cette carrière, mais dès que j’ai su saisir l’opportunité de ce premier boulot, l’aventure a continué.

    Mais ça a été comme ça toute ma vie dès que j’ai voulu changer de case métier. J’ai commencé ingénieur du son, ensuite j’ai voulu être cadreur, et là encore, les débuts ont été difficiles. Mais tout s’est finalement bien dégoupillé.

    LHEB : Tu ne penses pas que c’est plus dur aujourd’hui de se construire un parcours en étant 100% autodidacte ?

    Antoine de Maximy : Sincèrement, j’en sais rien. Déjà en 1976, [NDLR : date de son exclusion du lycée] on me disait déjà qu’être autodidacte était devenu compliqué pour s’insérer un peu comme ce qui se dit de nos jours.
    Honnêtement, je pense que c’est toujours possible de s’en sortir par soi même, même si c’est dur.

    LHEB : Dans ton programme “J’irai dormir chez vous”, tu voyages toujours seul, sans assitance. Est-ce que voyager avec une autre personne t’as traversé l’esprit ?

    Antoine de Maximy : Ça n’a pas vraiment d’intérêt pour moi. D’abord, il y a déjà le tandem incarné dans “Nus et Culottés” [NDLR : Émission de voyages et découvertes diffusée sur France 5] qui est sur ce créneau.
    Ensuite, je pense que voyager à plusieurs créé une sorte de bulle inconsciente qui nous tourne moins vers les autres.

    LHEB : Ta chemise rouge fait partie de ton identité. Pourquoi pas en porter une bleue un jour ?

    Antoine de Maximy : J’aime le rouge car c’est une couleur qui se voit très bien, quelque soit l’environnement qui nous entoure.
    Il faut savoir qu’au début de “J’irai dormir chez vous” nous n’avions quasiment pas de budget pour produire l’émission.

    J’avais présenté quelques pilotes au lancement du concept et dans ces tournages là je portais une chemise rouge. Elle faisait parti d’un lot de plusieurs chemises que j’avais acheté afin que ça nous revienne moins cher.

    On a gardé ce délire de chemise rouge et maintenant, cela fait parti de l’identité du programme, de mon identité télévisuelle.

    LHEB : La plupart du temps, tes voyages se passent bien, cependant les fidèles de l’émission se souviennent forcément de ton épisode en Bolivie où tu as échappé de peu à de gros soucis… Y’a t’il eu des voyages mouvementés que tu n’as pu immortaliser ?

    Antoine de Maximy : Tout d’abord, je peux te dire qu’un voyage sur 5 à son lot de grosses galères.
    Il est vrai qu’en Bolivie j’ai eu une énorme frayeur avec cette personne qui s’était faite passée pour une pour une policière de pacotille pour très certainement me dépouiller.

    Pour répondre à ta question, je suis content d’avoir réussi à quasiment tout capturer de mes voyages.
    En revanche, lors d’un tournage en Namibie dans le nord du pays, nous avons eu des soucis techniques de caméras et j’ai loupé un moment de vie particulièrement tendu.

    C’était un dimanche, je me baladais dans un village où tout le monde était de repos et j’ai pu constater sur place les ravages de l’alcool au sein de la population. Malheureusement je n’ai rien pu capturer, mais ce n’est pas un regret.

    LHEB : Les français ont cette réputation d’avoir du mal à entreprendre de vrais roadtrips, notamment à cause de la barrière de la langue, est-ce que tu as des conseils à donner pour dépasser ces difficultées ?

    Antoine de Maximy : Je n’ai pas de conseils à donner aux voyageurs. Premièrement car je ne veux pas qu’on me reproche d’avoir donné de mauvais conseils. Deuxièmement, je pense qu’il faut que les gens fassent leurs expériences eux-mêmes.

    C’est l’énergie du voyage et de la découverte qui permet à mon sens d’aller plus loin.

    LHEB : Parlons maintenant de ton futur film “J’irai mourir dans les Carpates”. Tu souhaites autofinancer le film via une campagne de financement participatif, pourquoi t’adresser directement à ton public pour réaliser ton projet ?

    Antoine de Maximy : En fait, je n’ai pas vraiment le choix ! Les chaînes de télévisions et autres financeurs conventionnels du monde du cinéma sont pour l’instant trop frileux pour me suivre au stade actuel du développement du film.


    Cela a toujours été comme ça pour tous mes projets, mais jusqu’à maintenant j’ai toujours réussi à me débrouiller avant d’avoir leur confiance.
    Aujourd’hui c’est différent, on parle de financer un long-métrage, qui nécessite beaucoup plus de moyens qu’un programme comme J’irai Dormir Chez Vous. Si on tourne le futur film dans de bonnes conditions, on aurait besoin de 2 millions d’euros.

    Donc j’ai lancé ce financement participatif afin de pouvoir récolter au moins 200 000 € [NDLR : budget minimum uniquement pour le tournage des scènes] et j’espère ainsi prouver aux financeurs et distributeurs que l’on a une communauté solide derrière-nous, prête à aller voir le film.

    LHEB : Pour conclure, que peut-on te souhaiter ?

    Antoine de Maximy : De réussir mes projets futurs. Et oui, j’ai encore d’autres projets après le film, mais ça, je vous en parlerai une prochaine fois ;)


    Merci spécial à Didier de la Giraffe <3
    Crédit photo de couverture : Ossou Photography
    Pour soutenir Antoine de Maximy : ICI

    Selim
    Co-fondateur et coordinateur de lhommeenbleu.fr. Explorateur des internets aux oreilles exigeantes sur tout ce qui touche aux musiques actuelles, il aime explorer la cité porcelainière ainsi que dévorer des cheese-naan.

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