PROMOS DE NOEL
Conversation(s)

Conversation(s) avec : Les Postaches

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L’Homme en Bleu aime se balader sur Instagram pour découvrir les derniers clichés de voyages/les selfies de “bonne journée les followers”et autres stories de soirées des internets Limougeaud.

Mais ô joie, ô délectation, tonton LHEB est tombé sur un compte atypique. Ce compte Instagram se nomme “Les Postaches”.

Le concept ?

Proposer des posts potaches qui pastichent l’actualité.
Conversation avec Mathieu Villoutreix & Arnaud Van den Abeele, les deux heureux fondateurs du profil Insta’ !


LHEB : Bonjour à vous deux, pouvez-vous tout d’abord vous présenter à nos lecteurs en quelques mots ?

Arnaud : Bonjour, je suis Arnaud Van den Abeele, je suis un travailleur indépendant dans le secteur de la publicité sur Limoges et professeur de design graphique à La Souterraine. Par le passé, j’étais directeur artistique en agence de publicité à Paris, et c’est là-bas que j’ai rencontré Mathieu.

Mathieu : Bonjour, je suis Mathieu, je suis également travailleur indépendant dans la publicité. On collabore professionnellement avec Arnaud depuis quelques années déjà. Pour ma part, je ne suis pas basé sur Limoges mais je suis originaire de St-Junien.

LHEB : Pouvez-vous m’expliquer, c’est quoi les Postaches ?

Mathieu : Avant de parler du concept, parlons de la genèse du projet. A l’origine, on souhaitait pasticher les affiches de l’élection présidentielle de 2017. Tout citoyen a pu découvrir de près ou de loin que c’était une période politique où beaucoup de candidats avaient “des casseroles” aux fesses.

On s’était alors donné comme défi de pasticher les 11 candidats dans 11 affiches où l’on pouvait retrouver un jeu de mot concernant les prénoms ou noms de famille des candidats.

Arnaud : En fait, c’est surtout un exercice de blagues entre nous qui nous a poussé à proposer naturellement ces pastiches.

Mathieu : Tout à fait, et donc après avoir créé ces affiches, on s’est demandé comment faire vivre le concept après la présidentielle de 2017, et c’est là qu’on a décidé de continuer, en surfant dans un premier temps sur les scandales politiques, puis ensuite revenir sur les grands faits de l’actualité que l’on peut tous lire tous les jours dans la presse.

LHEB : C’est quoi le but des Postaches ?

Mathieu : Il n’y a pas de finalité en soi pour le moment, mais l’un de mes rêves est de travailler dans la presse pour élaborer des titres. Je trouve qu’aujourd’hui ça manque un peu de créativité et c’est dommage car dans ma jeunesse, c’était souvent les titres accrocheurs qui nous faisaient acheter du papier.

Même constat pour les dessinateurs de presse qui utilisent toujours les mêmes recettes, bien que les lignes de dessins soient propres à chacun.

Et face à ce constat, on s’est dit que l’on allait non pas pasticher l’actualité seulement avec des cases de BD et des bulles, mais qu’il fallait d’abord aborder la parodie d’actualité avec les mots pour contextualiser et un visuel pour  l’illustrer.

Une autre manière de travailler en somme.

LHEB : Comment se passe le processus de création d’un postache ?

Arnaud : On se connaît assez bien pour être autonomes dans la création mais un postache commence toujours par une phrase que l’on va ensuite illustrer avec un visuel.
Mathieu m’envoie ses titres, je me les approprie, on affine ensemble et ça donne un postache.

Mathieu : Pour résumer on ne fait pas du dessin de presse, mais plutôt du mot de presse illustré.

LHEB : La presse (ou ses dessinateurs) en France est souvent orientée politiquement, n’avez-vous pas peur d’être cataloguéS en grimant les politiques ?

Arnaud : Nous sommes clairement apolitiques et c’est pour cela que le premier nom que l’on avait voulu mettre en avant pour notre projet artistique était “il y en aura pour tout le monde”. On a vite changé car c’était compliqué de nous trouver sur les réseaux via ce pseudonyme.

Mathieu : Je ne veux pas que l’on devine à travers nos “postaches” ce que je pense politiquement. D’ailleurs, comme beaucoup de monde, je ne pense rien et n’appartient à aucune chapelle politique.C’est aussi un peu pour éviter cela qu’on a ouvert le champ à l’actualité plus généraliste pour ne pas s’enfermer sur la niche politique.

Arnaud : Et surtout pour éviter de s’ennuyer à ne parler que de politique aussi.

LHEB : Vous diffusez vos contenus uniquement sur Instagram. Pourquoi ?

Arnaud : Au début, on avait un Facebook, mais on avait pas réussi à capitaliser assez d’abonnés à notre page. Mais on n’avait pas beaucoup insisté pour être honnête.

Mathieu : De toute façon personnellement je n’aime pas l’ergonomie de Facebook. Instagram c’est super beau, il y a un côté portfolio qui nous plaît sur ce réseau social.

LHEB : Si un magazine ou un site internet d’actualités vous contactent pour publier vos visuels, est-ce que ça vous intéresserait ?

Mathieu : C’est pas quelque chose que l’on envisage pour l’instant mais pourquoi pas.

Arnaud : On reste beaucoup attaché au “print” [NDLR : les sorties papiers], à travers nos histoires, car on a des imprimeurs dans nos deux familles respectives. Dans un magazine spécialisé ou un fanzine, ça peut nous intéresser clairement !

Mathieu : Après, on va commencer à contacter les rédactions nationales afin de savoir si ça peut les intéresser de nous publier, ce serait chouette.

LHEB : Et pourquoi pas dans la presse quotidienne régionale ?

Mathieu : Je crains que l’on ne soit un peu plus bridé dans notre créativité via la presse locale. On aborde des sujets parfois clivant et je suis pas sûr que cela fasse bon ménage dans un microcosme régional.

LHEB : Anecdote marrante, vous avez fait signer un Postache de François Hollande… à François Hollande lors d’une séance de dédicaces. Pouvez-vous raconter comment ça s’est déroulé ?

Mathieu :  J’étais dans une longue file d’attente avec des gens qui venaient faire signer son dernier bouquin [NDLR : “Les leçons du Pouvoir”], et on sentait clairement qu’il y avait que des partisans et nostalgiques de François Hollande.

françois-hollande-postaches-lheb-limoges-2018

Pour ma part, j’avais un Postache imprimé que l’on avait réalisé avec Arnaud, je me pointé devant lui, et il a vraiment pris ça très bien.
Je lui avais montré le dessin avec un pressbook que l’on avait préparé pour lui donner et nous avons finalement passé 20 minutes à discuter, avec tout le monde qui attendait derrière ! *rires*

LHEB : Et mis à part notre ancien Président, avez-vous eu des retours de personnalités nationales ou locales ?

Mathieu : Pas directement, mais on a remarqué quelques “likes” singuliers sur notre compte Instagram. On a eu des likes de Jade Lagardère [NDLR : compagne d’Arnaud Lagardère, qui est entre autre, un grand patron de presse] par exemple, ce qui n’est peut-être pas si anecdotique que ça.

Arnaud : On a eu également des politiques qui ont liké des blagues qui allaient dans leur sens, et puis se désabonnés dès que l’on tapait sur leurs officines politiques je présume.
Sinon on retrouve également quelques habitués qui likent régulièrement. On ne les connaît pas, ils sont anonymes, mais ils nous accompagnent au quotidien et sont des fervents supporters des Postaches.

LHEB : Finalement, est-ce que vous vous interdisez des choses dans votre ligne éditoriale ?

Mathieu : Parfois oui, mais c’est au cas par cas. Par exemple, on avait commencé à réfléchir sur une publication concernant le décès de Stephen Hawking, quelqu’un pour qui j’ai un immense respect.

On avait une blague un peu trash qui nous faisait marrer qui était “De toute façon, il était condamné à la chaise électrique”. Après réflexion, on a décidé de ne pas publier ce post car je ne voulais pas être méchant avec cet homme que j’admire, même si je le regrette aujourd’hui.

Arnaud : Mais aujourd’hui, on ne s’interdit plus rien.

LHEB : Il y a des publications que vous regrettez ?

Arnaud : Non pas vraiment, même si ça peut arriver d’être déçu d’une publication moins drôle que prévue avec du recul, mais rien de bien méchant.

LHEB : Pour conclure, qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter ?

Mathieu : De continuer avec la même passion et que l’on ait un peu plus de visibilité sur notre compte

Arnaud : Et que ça remonte aux oreilles des bonnes personnes pour faire évoluer le projet !


Retrouvez les coups de griffes de Mathieu Villoutreix & Arnaud Van den Abeele via Les Postaches sur Instagram

Selim
Co-fondateur et coordinateur de LHEB.fr, il aime explorer la cité porcelainière et ses initiatives locales ainsi que dévorer des cheese-naans

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