Après avoir interviewé Steve Duteil, candidat (plus ou moins) fictif pour la Mairie en 2020, l’Homme en Bleu commence à prendre goût à la politique. 
Avec les législatives qui approchent à grand pas, LHEB a eu l’occasion de se pencher sur les profils des candidats. Toujours les mêmes à priori… Sauf : Martin Forst !

Arrivé dans notre cité porcelainière à l’aube des années 90, lui qui devait être seulement de passage, s’est entiché de la cité des Doges Limoges.
Résolument actif dans le milieu associatif, (scolaire, d’aide au développement, sportive…) il est aussi passionné par les relations internationales.

Rassurez-vous chers lecteurs, le prosélytisme n’est pas de mise, LHEB vous parle de cet homme non pas pour vanter/défendre/faire la pub’ de ses idées, mais surtout parce qu’il a cassé le « game » des affiches électorales. 
Une affiche de campagne qui sautera aux yeux aux plus mélomanes d’entre vous.

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« Alors, vous n’avez toujours pas la référence ? »

Rencontre avec le plus Limougeaud des British, qui se présente pour la première fois, dans la 1ere circonscription de la Haute-Vienne.
Sera-t’il celui qui ravivera les braises de la ferveur punk Limougeaude ? 


 

LHEB : Bonjour Martin, vous êtes né à Folkestone en Angleterre, à 20 bornes (en crawl) de Calais. Vous arrivez durant votre début d’adolescence à Paris, puis vous débutez une nouvelle carrière professionnelle qui vous parachute à … Limoges. Pas trop traumatisé ?

Martin F. : « Concernant Paris, j’y ai fait quelques escales sans cependant m’y installer définitivement. Déjà à l’époque ce n’était pas évident de trouver chaussure à son pied au niveau professionnel. »

« Et au détour de quelques recherches, j’ai constaté qu’il y avait pas mal de boulot en province [ndlr : pour travailler dans les relations internationales].
J’ai donc postuler à un poste et celui-ci m’a fait débarquer à Limoges. C’était un total hasard. »

« Mais je ne suis pas traumatisé par cela.
C’était plutôt le cas pour mes copains qui pensaient qu’ils ne me reverraient plus jamais ! » [rires]

LHEB : Alors ce n’est pas la première fois que vous vous frottez au monde politique, car vous avez été conseiller municipal entre 2001 et 2014… Et vous étiez à l’époque un cas inédit dans l’échiquier politique local…

Martin F. : « C’était inédit car une loi avait été voté, et cette dernière permettait aux ressortissants européen de voter dans leur commune et de se présenter aux élections municipales, bien que l’on n’ait pas la nationalité française.

[ndlr :Depuis une loi française de 1998 mettant en application les accords de Maastricht, les ressortissants de l’Union européenne peuvent se faire élire sous condition dans les conseils municipaux. source : Le Monde]

« J’étais donc le premier sur Limoges dans ce cas là à avoir été élu. Et il me semble que les gens n’ont pas accueilli la nouvelle avec hostilité, mais plutôt avec curiosité. »

LHEB : Avez-vous une anecdote à nous rapporter concernant votre expérience au conseil municipal de Limoges ?

Martin F. : [Longue réflexion] « Je me souviens d’un déplacement dans le cadre de mon mandat au Burkina Faso. Un élu écologiste était du voyage avec nous. Ce dernier nous disait pendant le voyage qu’il était mal à l’aise face aux candidats socialistes qui le malmenait un peu. »

« Et on arrive près d’un étang sacré où vivaient des crocodiles. Il voulait faire la pose photo devant ces animaux, et puis, on se rend compte qu’au fil des photos prises, les crocodiles se rapprochaient de lui…
Du coup on a pensé à la métaphore des crocodiles (ici les socialistes) qui essayent de croquer l’écologiste. » #HumourPolitique

LHEB : Passons maintenant aux choses sérieuses. Si LHEB est venu à votre rencontre, c’est parce qu’il est tombé amoureux de votre affiche. Avant d’expliquer pourquoi il a une question : Pourquoi ne pas avoir fondé un groupe de punk contestataire pour faire passer vos messages ?

Martin F. : [Rires] « Tout simplement parce que je chante très mal, même pour du punk ! A la maison j’étais interdit de chant. »

« En plus, je suis nul pour jouer des instruments de musique. Je n’ai pas réussi à amadouer la guitare. Par contre vous avez raison, j’aime beaucoup la musique, surtout le blues le jazz et le rock. »

LHEB : Pas étonnant que votre affiche électorale soit fortement inspiré de l’album « London Calling » des Clash. Comment avez-vous eu l’idée de faire ça ?

Martin F. : « En fait il faut savoir que ma campagne pourrait être qualifiée d’artisanale. Avec nos modestes moyens, il me fallait l’aide de mon entourage proche. L’idée est venue d’une réflexion entre potes, le photographe est un copain, la réalisation graphique de l’affiche a été faite par ma fille. »

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« On a voulu faire cette affiche non-conventionnelle car il faut se le dire, la plupart des affiches électorales sont hideuses. Donc on a pris le parti de faire quelque chose de différent. Notez également que mon affiche est en noir & blanc. Un noir & blanc qui permet d’avoir « un look ». »

« Ce qui finalement nous permet d’être visible et que les gens retiennent facilement notre message. »

LHEB : Il y a une référence cachée dans référence sur cette affiche. On peut voir un clin d’oeil aux Clash, mais aussi un pour Elvis Presley. Peu le savent, mais « London Calling » est un pastiche du premier album du King…

Martin F. : « Effectivement ! Pour être franc, je n’avais pas fait le rapprochement avec l’album d’Elvis ! Bien vu. »

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Premier album du King, sortie en 1956

LHEB : Préférez-vous le gentil-sulfureux Elvis de 1956 ou bien les contestataires The Clash au crépuscule des 70’s ?

Martin F. : « En fait, j’étais en pleine adolescence lorsque les clash ont sorti cet album. » [ndlr : London Calling, sorti fin des années 70].
« Alors forcément je suis plus « The Clash » qu' »Elvis ». Surtout que dans les années 70, les jeunes se moquaient d’Elvis. On le trouvait ringard » [ndlr : c’etait la musique des parents] et l’on se reconnaissait plus dans The Clash. »
« Mais avec du recul, (et l’âge), on peut aujourd’hui penser qu’Elvis ne fait pas que de la chanson de papa. »

« Plus globalement le rock a un côté intemporel. Certes il y a des évolutions, mais c’est bien de voir aujourd’hui que d’autres influences épousent le rock [ndlr : electro, hip-hop…] même si ce n’est pas nouveau. »

« Il me semble qu’en 73-74 il y’avait un groupe français du nom de « Variation » qui proposait à une époque un rock teinté de sonorités orientales… Les mecs avaient 20 ans d’avances. »

« Mais ce que je trouve drôle dans le rock aujourd’hui, c’est que des groupes de 30-40 ans ont gardé une influence intacte. Du genre les Rolling Stones, The Doors et autres…
Alors qu’à mon époque, on préférait mourir plutôt qu’écouter la musique de nos parents ! »

LHEB :Finalement, c’est quoi le rock pour vous ?

« Il y a quelque chose de très épidermique dans le rock. Je ne saurais vraiment décrire ce que le rock me fait ressentir, mais cela à forcement un lien avec l’intensité héritée de son cousin le Blues. »

« Le rock, même s’il s’est démocratisé, n’est pas une musique qui s’écoute dans les beaux salons.
Le rock aujourd’hui parle à plusieurs générations, il n’y a qu’à voir dans certains concerts où l’on peut voir le papy accompagner son petit-fils. »

« Enfin, le rock est un peu comme une éponge […] une éponge bi-colore ! Elle à le côté absorbant mais garde une autre face rugueuse qui fait son charme. »

LHEB : D’après vous, quelle nation est la plus rock : La France ou le Royaume-Uni ?

Martin F. : « Cela fait longtemps que je ne me suis pas penché sur les scènes musicales outre-Manche pour être honnête.

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Cependant, en se basant sur un magazine qui se nomme « Mojo » qui existe grosso-modo depuis la création du rock, on constate que le Royaume-Uni reste un lieu de rock hallucinant, avec toujours plus de propositions diverses et variées. »

LHEB : Revenons à The Clash. Ce groupe se caractérise par sa capacité à intégrer à sa musique des sonorités différentes en puisant à la source des racines musicales de ses membres, parmi lesquelles le punk rock, le rock, le rockabilly, le reggae, le ska ou encore le dub. Une mosaïque musicale qui pourrait coller à votre curseur politique ?

Martin : « Médiatiquement on me qualifie de gauche et de droite (par erreur). Le ministère de l’Intérieur m’a catégorisé comme divers gauche, mais France Info m’a collé l’étiquette de droite et ils n’arrivent pas à corriger leur erreur… »
« Je fais donc mieux que Macron car lui se dit « ni de droite ni de gauche », et moi je suis de droite et de gauche ! [rires]. Même si plus sérieusement, je suis de gauche et je me considère comme un représentant de la gauche plurielle. »

PARCE QUE C’EST NOTRE LIMOUMOUUU

« Entre parenthèses, je suis peiné que l’on nous parle de gauche irréconciliable. Comme pour les groupes qui arrivent à intégrer plusieurs influences dans leurs œuvres, je pense que « la gauche » est toujours capable de faire de même, comme elle l’a toujours fait. »

« Nous sommes dans une période de tension politique mais n’oublions pas l’essentiel : être de gauche, c’est aider les plus faibles et ainsi permettre à tout le monde de vivre dignement.
J’espère que ces valeurs pourront redevenir le ciment de ce courant politique. »

LHEB : Pourquoi alors c’est plus simple de lier plusieurs style en musique et pas en politique ?

Martin F. : « Si j’avais la réponse, j’aurai pu être Président de la République » [rires].

« Plus sérieusement, en musique comme en politique, nous avons plusieurs « chapelles ». Certaines sont « ouvertes » d’autres sont super sectaires. »

Quand on voit dans le début du siècle dernier, l’émergence du « blues » et du « rythm & blues »  en Angleterre avait provoqué un taulé ! Les groupes qui jouaient ce style musical ont été banni du syndicat des musicien et du syndicat jazz. Ils étaient considérés comme des hérétiques !

Bref, la musique, comme la politique, est régie grâce à un certain équilibre. Et aussi avec l’évolution du temps et des mœurs.

LHEB : Qu’est ce qui vous énerve le plus dans la gestion de notre société contemporaine ?

Martin F. : « Le fait qu’aujourd’hui il y a encore beaucoup trop de pauvreté dans notre société moderne. »

« Mais il y a un autre thème qui me révolte, c’est le fait que nous ayons abdiqué concernant nos libertés individuelles au nom de la sécurité avant tout.
J’imagine les membres des Pink Floyd encore vivant qui doivent halluciner sur la situation actuelle que nous traversons. »

DEAL WITH IT LA LOI RELATIVE AU RENSEIGNEMENT

« Quand on sait qu’on peut vous traquer seulement avec votre téléphone, tout connaitre sur vous grâce à ce dernier.
Quand on voit aussi la recrudescence des dispositifs de sécurité types caméra de surveillance, c’est assez fou.
Surtout quand on compare le nombre de gens qui sont morts dans des attentats aujourd’hui contre les chiffres de 60’s et 70’s…. Il y en avait beaucoup plus à l’époque ! »

« Nous sommes devenu une société poreuse, qui pour se rassurer, a accepté tacitement le fait de ne plus être une société libre.
Sans parler des excuses technologiques pour nous surveiller, comme les compteurs EDF que l’on nous installe de force […] C’est très insidieux ! »

LHEB : Dernière question « politicarde », vous vous inscrivez contre la loi NOTRe, [ndlr : la loi du redécoupage des régions qui fait que nous ne sommes plus #Limoumou] c’est pour redonner gloire au Limousin ?

Martin F. : [Rires] « Quand je suis arrivé en Limousin au début des années 90, la région comme on l’avait connu n’avait que 6-7 ans.
Et c’était une très bonne démarche de décentralisation avec des services de proximité, de rapprocher les centres de décisions au plus près des citoyens… Ce n’était pas parfait loin de là, mais on donnait la possibilité à des régions d’avoir leurs identités et que les pouvoirs sur place puissent répondre aux besoins et aspirations des citoyens de ces territoires. »

« Le problème, c’est qu’on nous a imposé depuis Paris, ce redécoupage sans concertations auprès des partenaires locaux. C’est un déni de démocratie total, à l’opposé de la « démocratie participative » à laquelle une partie de la société aspire.

LHEB : Revenons un peu à la musique, vous nous avez dit précédemment que vous 3 genres musicaux favoris sont le rock, le blues et le jazz. Pouvez-vous nous donner un titre/artiste que vous affectionnez particulièrement par genre ?

Pour le Blues : 

Pour le Jazz : 

Pour le Rock : 

LHEB : Pour terminer, qu’est ce que l’on peut vous souhaiter ? 

Martin F.: « Keep on rockin' »

LHEB : Merci Martin.


Martin est sur Facebook, on vous le donne juste pour info’ #PasDeProsélytisme 

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