L’Homme en Bleu a eu l’occasion de croiser sa route avec celle d’une autre légende. Ex-basketteur international qui nous a fait rêver avec le Cercle Saint-Pierre ainsi qu’en équipe de France, Fred Weis est encore actif sur les terres Limousines.

 

Après un parcours sportif et personnel où il a frôlé les étoiles mais aussi la mort, Fred a bien voulu livrer à LHEB quelques bribes de sa vie passée, actuelle et future. Une occasion de se faire une petite mise à jour pour ce personnage atypique que l’on nomme localement « FredZilla »…

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LHEB : Salut, est-ce que tu peux auto-définir le Fred Weis de 2016 ?

 

Fred : Salut L’Homme en Bleu, écoute j’ai envie de te dire que je suis toujours le même. Mis à part moins de cheveux, plus de kilos ! [rires] Plus sérieusement, je suis ravi actuellement de vivre plusieurs expériences et projets à venir !

[NDLR : Fred Weis est propriétaire du bureau-tabac « Le Marigny », commentateur sportif pour la chaîne SFR Sport, co-fondateur du projet BIG Sports…]

LHEB : Tu peux nous refaire un petit pitch sur ta carrière de basketteur au CSP?

Fred : On peut dire que ma carrière au CSP s’est déroulée en deux parties.

A l’âge de 18 ans (1995) je rejoins le CSP pour ensuite faire partie de l’équipe première un an après.
5 ans de saison, un CSP au zénith ! J’ai vécu cette extraordinaire épopée en première ligne du triplé historique.
Malheureusement comme beaucoup de monde le sait ici, en 2000 tout se casse la figure pour le club, une véritable tragédie Grecque.

Après des années à jouer à l’étranger (PAOK Salonique,Malaga,Bilbao Minorque), je suis revenu en 2009 jusqu’en 2011 pour une nouvelle chance et une nouvelle vie.

Ca a été une période salvatrice puisque cela m’a permis de « boucler la boucle » avec ma carrière au Limoges CSP.

LHEB : On entend souvent le sobriquet « FredZilla » dans la presse ou les blogs basket pour te désigner. C’est quoi ce surnom ?

Fred : Ouais…[rires].

Ça vient d’une affiche réalisée par le service communication du CSP. En fait, c’est une histoire assez cocasse car je n’ai jamais été tenu au courant de la finalité de cette affiche !

A la base on m’avait juste demander de poser devant l’objectif.

Et quelques jours plus tard, je me retrouve dans un photomontage avec moi-même agencé comme un ogre  imposant face à des nanas, face à moi qui couraient pour me fuir.
Cette affiche de promotion du club a beaucoup inspiré les supporters de l’époque et c’est grâce à eux que je porte ce surnom.

C’était pas vraiment l’idée que je me faisait de ce shooting photo à la base mais ça m’a bien fait marrer avec du recul.

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Hachetague Dossier sur Fredo à #TMVPSP (2011)

LHEB : Hormis le CSP, t’as eu aussi l’occasion d’avoir été drafté en NBA par les Knicks en 1999.

Une opération qui n’a pas été concluante à cause d’un enchaînement de mésaventures comme par exemple la condamnation de ton agent français et… la mort de l’épouse de ton agent américain, tu peux nous relater cette période improbable ?

Fred : Effectivement, les gens connaissent les déboires judiciaires de D. Rose mon ex-agent, mais j’ai eu la poisse avec mon agent américain qui m’aurait permis tout de même de jouer pour les Knicks.

En fait, en arrivant à New-York, j’étais dans l’urgence de régler ma situation bancale mais ce dernier était injoignable. Il m’a seulement dit que sa femme « passed away ».

N’étant pas à l’aise avec la langue de Shakespeare à l’époque, je pensais qu’il me disait que sa femme était partie quelque part et qu’il la recherchait. Je trouvais cette excuse pourrie et donc je le harcelait sans avoir de réponses.

J’ai compris quelque temps plus tard que « passed away » voulait dire « décéder » en français et que j’ai probablement dû l’irriter au plus haut point.

Mais bon ce n’est pas seulement à cause de lui que je n’ai pas pu confirmer en NBA, c’est plus complexe que ça.

 

LHEB : Parlons maintenant du présent, il me semble que t’es en plein dans un tout nouveau projet Limougeaud ouvert au public courant 2017.

Je crois que c’est toujours en lien avec le ballon orange ?

Fred : Ce projet, c’est avant tout l’histoire d’une double-rencontre.

D’un côté avec Yann qui est spécialisé dans le textile pour les associations sportives et avec Jean-Yves qui a une activité d’événementiel qui gravite autour du ballon orange.

Pour ma part, je gère aussi un camp de basket sur aixe-sur-Vienne qui se nomme Big Camp. Et après avoir discuté avec ces deux personnes passionnantes et ambitieuses, on s’est dit que ce serait cool de créer une synergie autour de nos activités pour en faire plus qu’une.

Et on concrétise cela grâce à l’ouverture courant de l’année du Big Park. Ce sera un espace ouvert au public où les gens pourront faire des parties de basketball, un espace restauration et un espace « café es sports » où des matchs de basket et autres sports seront retransmis.

 

LHEB : Ce nouveau projet te permet de redevenir un ambassadeur du basketball dans une autre perspective ?

 

Fred : Oui et je crois que j’ai toujours aimé être ambassadeur, représenter des choses qui sont importantes à mes yeux.

C’est pour cela qu’après avoir tenter de multiples aventures entrepreneuriales, [NDLR : restaurants, brasseries, bureau-tabac…] je trouvais que cela faisait sens de revenir aux sources et réintégrer le basketball dans mon quotidien, même si je ne suis plus sur les parquets !

LHEB : Malgré une vie forte en rebondissements, tu as failli commettre l’irréparable…

Est-ce qu’aujourd’hui on peut dire que cette période obscure est derrière toi ?

Fred : Tu sais au fond je crois que je ne pourrais jamais vraiment balayer cela de ma tête…

[NDLR : Tentative de suicide de Fred en 2008 à la suite de soucis familiaux et dû à l’alcool]

Mais je sais aujourd’hui que c’était une connerie que je regrette, motivée par mon mal-être lorsque mon fils fût diagnostiqué autiste à l’âge de 3 ans.

Une connerie qui n’est pas oubliée, mais bien mise de côté, notamment grâce à tous ces projets qui me transportent et me font avancer.

LHEB : Question fil rouge à tous les gens que je rencontre : Que penses-tu de Limoges Opéra-Rock ?

 

Fred : Écoute je pense que sur le papier, l’idée est vraiment géniale.

Rien de plus beau que de consacrer son art à mettre en valeur notre ville.

Après au niveau de la réalisation, c’est à mon goût, pas terrible. C’est peut-être un peu trop old-school pour moi !

LHEB : Un dernier mot pour conclure ?

Fred : Merci à toi d’être venu, et vive LHEB !

 

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